Du piquet syndical à la révolution sociale !

Si un·e (ex-)employeur·e n'a pas payé ce qu'ille doit, que faire ? Dans un premier temps, on peut tenter de résoudre soi-même le problème à l'amiable. Mais s'ille rechigne, il faut passer à autre chose. Ça peut être le syndicat prolétarien. Lui-aussi peut tenter par le blabla. Il a l'avantage de pouvoir apparaitre comme plus sérieux, plus puissant, plus dangereux, etc. Cependant il peut lui aussi échouer par ce biais.

Particulièrement dans certains secteurs, le syndicat peut tenter de résoudre le conflit via un piquet syndical d'information. Ça peut particulièrement être efficace pour les fournisseurs locaux et directs de biens et/ou de services, typiquement les restaurants. En effet, organiser un rassemblement à des horaires d'ouverture avec des tracts pour informer de la situation peut particulièrement faire chier l'(ex-)employeur·e. De par la mauvaise publicité et le risque qu'elle soit continuée, la personne contrevenante est incitée, par le rapport de force, à satisfaire la ou les demandes.

Bien que le but premier de ce genre d'action soit de régler un différent, cela contribue aussi à des objectifs plus larges, puisque ça permet de faire connaitre le collectif de lutte et d'informer plus généralement sur les abus patronaux. Et ces derniers sont plus fréquents dans certains secteurs que d'autres, comme la restauration par exemple. C'est un secteur d'activité économique qui ne paye généralement pas très bien et avec un paquet de contrats courts, donc avec des travailleurs et travailleuses précaires et plus difficiles à organiser que la moyenne.

C'est dans ce genre de moments là qu'on voie la force de l'inter-professionalisme, qui devrait être une valeur et une pratique fortes. Et, en plus d'être bien plus rapide que la justice bourgeoise, l'action directe permet de visibiliser les problèmes et d'encourager à s'organiser collectivement pour les résoudre.

C'est également un moyen d'augmenter la conscience de notre intérêt de classe, à nous les travailleurs et travailleuses sans moyen de production lucratif, que l'on soit avec ou sans emploi. Cela inclut les lycéen·ne·s et étudiant·e·s, dont les études sont parfois écourtées par manque de moyen accordé à l'éducation et aux moyens de subvenir à ses besoins durant les études, ce qui est aussi un cheval de bataille crucial et qui en l'absence de salaire étudiant en passe relativement souvent par la restauration si les parents ne peuvent ou ne veulent pas assurer ce qu'il faut à leur(s) enfant(s).

Mais ces luttes immédiates, absolument essentielles, permettent aussi, par la sensibilisation et la démonstration du potentiel de notre force collective, de construire un outil de lutte et d'émancipation pour des objectifs plus ambitieux et de plus long terme, dont l'objectif ultime est la démocratie intégrale qui suppose de nous libérer du carcan de la propriété privée et de l'accumulation effrénée et stupide du Capital. C'est la double besogne.

Prolétaires de tous les pays, organisons-nous ! Pour la justice sociale et l'écologie, dès maintenant dans la mesure du possible et futurement autant qu'il le faudrait, par le batissement d'une société socialiste et communiste dirigée par la base, un syndicalisme autogestionnaire, d'entraide et d'action directe, est un moyen au fort potentiel pour de petits succès jusqu'à la grande victoire globale !

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