En finir avec les aides sociales !

Ah les aides sociales, quel sujet ! Pas assez pour les uns, trop pour d'autres, et enfin suffisamment pour d'autres encore. Le présent article n'est pas une synthèse, qui essaieraient tant bien que mal de ménager la chèvre et le choux, c'est-à-dire de présenter divers points de vue, du style "d'abord pour, puis contre, enfin conclusion". Ce texte est l'expression d'un point de vue, ferme, unilatéral, assumé.

Inutile de faire le suspens, le titre indiquait la position. Des aides sociales, il y en a profusion, jamais il n'y en a eu autant, jamais ! Assez, c'est assez, ou plutôt trop, beaucoup trop. Même pas vrai en fait, la moindre aide sociale devrait être eradiquée. Il y en a marre, depuis trop longtemps. Misère de la "révolution fiscale", c'est une révolution qu'il faut pour mettre fin à cette abomination.

Il y a des personnes qui concrètement travaillent, et d'autres non, mais ces dernières jouissent sans justice de la labeur des autres. Follie des aides sociales, dont la cause a pour nom "solidarité".

On conviendra que le tableau ait été un peu noirci, tout le monde travaille concrètement, à part bien sûr les incapables (malades "graves" temporairement ou jusqu'à la mort, certains handicapés sévères, nourrissons, etc.). Mais bien qu'il y ait eu exagération, vite reconnue, la teneur du propos n'en reste pas moins valide : il y a des assistés, pis des parasites. Il faut éliminer la condition de ces piètres gens, mais ils finiront peut-être la vie ôtée, tant l'exasparente solidarité dont ils ont joui en a exécédé certains, qui dans l'éventuelle mise à sac pourrait ne pas être très regardant, les jugements moraux ne changeront potentiellement pas des conséquences de la haine qu'ils ont en eux et l'idée attristante d'une potentielle reconquista (comme l'Histoire en a déjà malheureusement montré). Certains objecteront même que les aides sociales ont fait tant de mal, des morts indirectement même, que les dégâts collatéraux de l'abolition seraient inférieurs à ceux que le système auraient produit.

Problablement remplies d'horreur sont certaines personnes ayant lues ou écoutés les phrases précédentes. Les plus sensibles ont arrêté la lecture avant. Mais ce n'est pas la fin, laissez-moi aller jusqu'au bout de ma pensée.

Maintenant que ma haine des aides sociales est patente, il convient tout de même de définir l'évidence, on ne sait jamais, ou on sait trop l'ampleur de la propagande dans ce début de 21ème siècle. Qu'est qu'une aide sociale ? Je vous avais prévenu, il s'agit là d'un élément que personne ou presque ne discutte, tellement ce n'est pas la peine, c'est si trivial. Une aide sociale, c'est une aide pour octroyer plus à des gens que ce qu'ils produisent. Petite parenthèse : il faut admettre que l'évalution individualiste de la production est objectivement très dure, voire (et en fait très probablement) impossible, notamment quand elle est une oeuvre collective.

Maintenant que la notion d'aide sociale a été définie, il est temps d'en venir à celles et ceux qui en profitent. Qui est ce donc ? Puisque chacun ou presque travail, donc produit de ceci ou de cela, c'est simple : celles et ceux qui ont significativement plus que ce qu'illes ont pu produire.

Un humain peut il produire 100 fois plus qu'un autre par ses qualités intrinsèques ? Tout le monde conviendra que non, hormis quelques zinzins et ignorants notoires des sciences sociales (en particulier de la sociologie). J'ai été clément avec 100 fois, mais on pourra prendre une valeur plus petite sans le moindre doute.

Juste pour rappeler l'ignominie, en l'occurence la dérive montrueuse qu'a pris les aides sociales, on peut rappeler 2 faits. D'après un article de Oxfam International, daté du 16 janvier 2017, les 8 humains réputés les plus riches auraient possedé environ autant que la moitié réputée la plus pauvre de la population humaine mondiale qui comptait 3,6 milliards de personnes. Les avanches d'aides sociales ont été si généreuses, que certaines personnes auraient eu chacune à elle seule autant que 450 millions de personnes humaines (d'après le mode d'évalution dominant de la "richesse") ! Pendant ce temps-là, les cadeaux continuaient de pleuvoir (par exemple à cause de ce minable monsieur Emmanuel Macron en France), et des gens mourraient de faim et fuyaient d'autres dangers de mort. Mais pour eux, quand ce n'était pas la répression qu'ils subissaient, il n'y avait soi-disant point de moyen. Tandis qu'il n'en était pas de même des pourris gâtés drogués aux aides sociales, des incantations à de nouvelles ponctions (ou l'intensification de celles déjà existantes) étaient énoncés comme des plus indispensables mesures, à coup entre autres de "réalisme" et de "pragramatisme", avec en potentiel bonus la "théorie du ruisselement". Le ministère implicite de la propagande propageait intensément ces fausses informations monumentales, tout en éjaculant sur les innovations technologiques. On pouvait les faire démarrer aux gadgets électroniques (intelligents bien sûr) tellement plus indispensables pour les uns par rapport à l'envie ridicule de vivre paisiblement des autres. Pour conclure le large spectre de "l'innovation", on pouvait invoquer la viande in vitro, qui allait enfin résoudre (partiellement) un terrible dilemme : soit exploiter (ou faire exploiter) des êtres sentients pour le pur plaisir (car il serait absurde d'évoquer, pour la majorité de la population des pays industriels ou "post-industriels", le soutien exclusif aux élevages écologiques et une consommation modeste de produits et/ou sous-produits d'animaux non-humains), soit adopter un régime alimentaire végétalien (complémenté en vitamine B12) ou plutôt devenir végan.

Il y avait les aides économiques, mais les mêmes bénificiaient d'autres aides. La plus importante était l'aide culturelle, notamment pour entretenir les idées en faveur des aides sociales (dont certaines pourraient être qualifiés de dogmes et/ou de croyances). Un ramassis de journalistes (plus ou moins consciemment et plus ou moins sous la contrainte) donnait la becquée au "bon peuple" (mais on serait tenté de considérer que c'est un doux euphémisme : on peut juger qu'il y aurait lieu de constater un gavage) et réclaimait que soit offert toujours plus de soupes aux nantis. Mais ce n'était pas les seuls, on peut par exemple aussi citer l'État et son éducation "laïc". On pourrait continuer à en énumérer d'autres : passe-droits auxquels la majorité des personnes n'avaient pas droit ou ne pouvaient pas concètement faire usage (comme l'évasion fiscale quelle soit légale ou non), mépris considéré comme "normal" (ou à minima comme défendable), justice de classe, etc.

Néanmoins se plaindre des faits n'empêchera pas qu'ils se reproduisent. En finir implique donc de s'en prendre aux principes générateurs. Les aides sociales, quelque soit leurs natures, ont toujours pour origine la domination. C'est donc à elle qu'il faut s'en prendre. Elle est permise par des institutions, qu'il faut changer ou détruire pour les remplacer par d'autres, et/ou par le manque d'institions, qui peuvent permettre d'endiguer au moins partiellement l'emprise sur d'autres et de la mettre (si elle existe) sous contrôle démocratique.

Les capitalistes ont mis fin au féodalisme, il n'y a pas à cracher dessus, cela a été un important progrès. Mais cette classe naguère révolutionnaire est maintenant encore plus obscène que la précédente et n'a pas l'intention de se calmer dans ses exigences délirantes. La poubelle de l'Histoire l'attend, une Société Nouvelle n'aura pas besoin d'être prodigieuse pour être supérieure. Le capitalisme est un système d'accumulation, c'est congénitale, il ne peut pas être corrigé, seule une société communiste (à ne pas confondre avec le capitalisme d'État) pourra le dépasser (positivement).

Avoir collectivement prise sur tout, y compris la production et l'investissement : Liberté ! Éradiquer la domination, ou au moins faire en sorte de la réduire autant que possible : Égalité ! Aider tout un chacun, potentiellement en consommant moins individuellement : Fraternité ! Pour en finir avec les aides sociales, vive le communisme !

Remarques

Pour certains, le début a pu parraitre horrible. Pour d'autres (mais pas tous les autres), il a pu sonner d'une incroyable vérité, mais la suite a de quoi être considéré comme une abomination. Peu importe depuis quel "camp" vous êtes partis, en fait quelle était votre idéologie, toute chose affecte et ce texte l'a peut être fait avec une intensité inhabituelle. C'est tout à fait explicable : il va contre l'idéologie dominante dans les pays capitalistiquement développés du début du 21ème siècle, il montre donc en creux qu'il y a idéologie (ou plutôt je prétends qu'il le fait, à vous de juger). Il me semble que c'est tout à fait saisissant, notamment en renversant le sens dominant de l'expression "aide sociale", qui ne va pas de soi, comme ce texte prétend en être une démonstration (sans que ce soit sa seule "vertu"). Mais par abscence de réflexion et bourrage de crâne unilatéral, on peut se penser neutre et donc être un idéologue qui s'ignore.

Pour celles et ceux qui voudraient aller plus loin dans ce genre de réflexion, la philosophie et la sociologie peuvent aider. Lire des textes vieux et/ou venant d'autres civilisations peut aussi aider, car l'idéologie était probablement différente, en conséquence cela permet d'être confronté à d'autres idéologies (qui sont rarement explicitées dans ce genre de texte), ce qui est utile pour prendre du recul sur l'idéologie dominante au sein de sa temporalité et de son milieu socio-économique, donc par ricocher de conscientiser la sienne (puisqu'il est impossible de ne pas être une personne idéologue et que les machines ne font que reproduire les inclinaisons des personnes qui les ont créé ou de celles des données d'apprentissage).

Pour les personnes amatrices de références précises, on peut tout de même en lacher quelques unes. Si on souhaite une lecture "courte", on peut se tourner vers l'article "Politique post-vérité ou journalisme post-politique ?" de Frédéric Lordon qui l'a publié le 22 novembre 2016 sur son blog "La pompe à phynance" hébergé par le journal "Le Monde diplomatique". Si on préfère quelque chose de plus touffue, il y a "La production de l'idéologie dominante" (dont l'ancrage historique a de quoi rebuter et la compréhension peut être ardu dans grosso-modo la première moitié), écrit par Pierre Bourdieu et Luc Boltanski, qui a été publié pour la première fois en 1976 dans "Actes de la recherche en sciences sociales" et qui a été publié sous forme de livre en 2008 par les éditions Raisons d'agir et Demopolis.