Vivre sans congélateur et sans réfrigérateur

Pourquoi vivre sans congélateur et sans réfrigérateur ?

Congélateur et réfrigérateur, ça consomme de l'énergie à l'usage

Les congélateurs et réfrigérateurs ont été conçus pour conserver des aliments grâce à une température "basse". Si la température était jugée suffisament basse dans le le lieu souhaité de récupération des aliments, il n'y aurait nul ressenti d'utilité d'un congélateur et/ou réfrigérateur. Puisque dans certains cas, ce n'est pas le cas, il faut faire autrement (ou ré-examiner son "besoin"). Mais pas de chance, nous n'avons pas forcément les pouvoirs d'Elsa d'Arendelle (qui est la Reine des Neiges de Walt Disney), il faut donc en passer par de l'énergie pour refroidir (car nous libérer/délivrer de notre condition vis-à-vis de cela parait peu probable et vraisemblablement impossible). Il reste donc la solution (si on en a les moyens) de refroidir via un mécanisme technique, d'où les congélateurs et réfrigérateurs.

L'électricité est une forme d'énergie finale pour les congélateurs et réfrigérateurs. C'est dur d'en trouver d'une manière fiable et de la capturer (à quelques personnes près qui font exceptions comme Maxwell « Max » Dillon, alias Electro, de l'univers de Spider-Man). Il n'y a par exemple pas souvent des éclairs dans le ciel (alors que les gens veulent souvent que congélateurs et réfrigérateurs fonctionnent sans interruption) et la capture de puissants éclairs est dangereux. Les êtres humains n'ont donc bien souvent pas l'électricité directement, il a donc fallu qu'ils l'obtiennent via une ou plusieurs autres sources d'énergies (que l'on nomme énergies primaires).

Dans la France du début du 21ème siècle, c'est via le nucléaire qu'est "produite" la majeure partie de l'électicité. C'est "propre", si toutefois on ne considère pas notamment les déchets radioactifs (qui durent bien plus longtemps qu'une vie humaine). De plus, s'il y a explosion d'une centrale de "production" d'électricité via le nucléaire, cela peut être très grave, ce qui incite à y instaurer une discipline de caserne (à ce sujet on peut lire "Société nucléaire" par Roger Belbéochn) et c'est très risqué en cas de guerre. Il faut aussi prendre en compte l'extraction des combustibles nucléaires, qui peut être fortement polluante. Ajouter à tout cela, il y a le temps non néglibeable nécessaire pour arrêter le fonctionnement d'une manière normale (car c'est bien sûr plus compliqué en cas d'incident grave), mais le démantellement est encore plus long (même s'il y a les moyens matériels et financiers). Les personnes pointilleuses auront également envie d'ajouter le problème potentiel du refroidissement du réacteur en temps normal, puisque cela se fait par exemple parfois via un cours d'eau qui est réchauffé avec de potentiels dégâts sur entre autres les plantes et poissons qui en dépendent.

Au niveau terrestre, c'est le charbon qui domine comme énergie primaire pour obtenir de l'électrité au début du 21ème siècle. Son extraction pose souvent des problèmes aux mineurs, cependant cela peut être résolu avec des robots (qui néanmoins ne sont pas produits à partir de rien, aussi bien métalliquement qu'énergétiquement, tout en nécessitant de l'énergie à l'usage et pouvant être fort dur à recycler convenablement). De plus, faire brûler du charbon contribue au changement climatique (qui n'est vraisemblablement pas favorable à l'espèce humaine et plein d'autres, dont l'Humain peut d'ailleurs plus ou moins directement dépendre pour certaines de ses activités, voire en fait dans toutes puisqu'un changement climatique trop important pourrait aller jusqu'à mener son extinction). Le pétrole et le gaz peuvent aussi permettre d'obtenir de l'électricité, mais ils posent également le problème du changement climatique.

De plus, uranium, gaz, charbon et pétrole ne sont pas disponibles en abondance, c'est-à-dire que ce sont des ressources limitées, donc on ne peut pas compter sur elles sur le long terme. Pourtant ces 4 sources d'énergies représentent plus de 80% de l'énergie utilisée (et là pas juste l'électricité) par l'humanité au début du 21ème siècle. À titre d'exemple, d'après la page 6 (sur 97) du "Key world energy statistics 2017" de l'IEA (International Energy Agency), la répartition de l'énergie primaire au niveau terrestre aurait été comme suit en 2015 (avec la précision que c'est l'ordre de grandeur qui importe) : 31,7% pour le pétrole (oil), 28,1% pour le charbon (coal), 21,6% pour le gaz naturel (natural gas), 9.7% pour bio-carburants et déchets (biofuels and waste), 4,9% pour le nucléaire (nuclear), 2,5% pour l'hydraulique (hydro), puis 1,5% pour le reste (other) (dont une note indique que ça inclue la géothermie, le solaire, le vent, marée/vague/océan, la chaleur et d'autres choses non spécifiées). On peut donc s'attendre à un tarrissement de ces sources d'énergie (après leurs pics respectifs d'extraction/consommation), qui pourraient plus globalement engendrer une descente énergétique pour l'humanité (comme l'ont par exemple anticipé Pablo Servigne, Jean-Marc Jancovici, Philippe Bihouix, Vincent Mignerot, Yves Cochet, Philippe Gauthier, Rob Hopkins, Agnès Sinaï, David Holmgren, Patrick Whitefield, l'assocation à but non lucratif Adrastia et le Club de Rome) Si cela venait à advenir, mieux vaudrait s'y habituer volontairement et à son rythme (individuellement et collectivement).

Il y a bien entendu le solaire et l'éolien. Ce sont des sources durables d'énergie. Cependant il n'est pas certain que l'humanité arrive à s'en servir durablement pour alimenter des réfrigérateurs et congélateurs. En effet, il faut des métaux, qui ne s'assemblent pas spontanément en panneaux photovoltaïques et éoliennes (donc il faut des infrastructures et de l'énergie pour le faire) et qui sont de plus en plus dispersés (car la politique du moindre effort conduit à d'abord utiliser tendanciellement les sources les plus fortement concentrées). Sur ce sujet, on peut lire l'article "Le défi de l'électrique via le solaire et l'éolien" de Nicola Spanti (aussi connu sous le pseudonyme RyDroid).

On peut toutefois objecter à raison qu'il n'y a pas besoin de panneaux photovoltaiques faits de métaux pour capter les rayons du Soleil et que les batteries métalliques ne sont pas non plus nécessaires pour stocker l'énergie de ses rayons providentielles. C'est qu'en effet utiliser le Soleil comme une source d'énergie significative n'a rien d'original ou de nouveau. Les plantes peuvent ainsi sembler être une solution (ou au moins une partie d'entre elles), puisqu'elles profitent des rayons lumineux et elles les stockent d'une manière biologique, tout en étant renouvelables et écologiques. Malgré ces propriétés, cela ne fera vraisemblablement pas fonctionner directement un réfrigérateur ou un congélateur, car il faudra faire une conversion dans un autre type d'énergie (à tout hasard en électricité par exemple). Le processus de transformation de végétaux en électricité a l'avantage de pouvoir être fait à la demande (comme le charbon, le gaz et le pétrole), mais il est problématique écologiquement. De plus, la production de bio-carburants prend de la place (certes comme toute production), mais cela ne peut pas être fait n'importe où (car il faut de la terre fertile et de l'eau) et il n'y a pas ou peu d'économie d'échelle (donc l'espace utilisée est grosso-modo linéaire à la quantité produite). Mais il faut aussi prendre en compte que l'espace et le temps occupé à la production de bio-carburants auraient pu être utilisés autrement : pour produire de la nourriture pour des êtres humains. Dans une société fortement inégalitaire en ressources, une tragédie peut se produire : les "riches" (en fait des exploiteurs) peuvent se permettre d'acheter du bio-carburant ou ce qui en est issu, potentiellement au détriment des plus pauvres qui peuvent mourrir de faim (car le système peut favoriser l'emploi des terres pour ce qui est plus profitable à la classe dominante, au moins à court terme, et ainsi rendre inaccessible aux plus pauvres une portion de nourriture convenable quantitativement et nutrionnellement équilibrée).

Heureusement il y a l'hydro-électricité. Là c'est renouvelable et propre ! Il est bien évident que l'eau ne va pas s'arrêter de couler avant longtemps (d'un point de vue humain). Cependant les sources non-marines sont limitées et l'humanité du début du 21ème siècle les exploitent déjà beaucoup, ce qui rend à priori improbable que cela remplace les énergies fossiles. De plus, l'aspect écologique serait plus de l'escroquerie qu'une réalité. Il faut tout d'abord construire le barrage, ce qui nécessite métaux et énergie. Par la suite, il faut l'entretenir et il y aura nécessairement un moment où il faudra le démanteler. Pour une réflexion plus grande sur le sujet, on peut se tourner vers la chronique nommée "L'hydroélectricité, un désastre renouvelable" qui a été publié dans le numéro 147 de mars 2018 du journal "La Décroissance" (en page 10 et 12 avec Alain Gras comme auteur). Il y est entre autres expliqué que les grands barrages, ces mastodontes de béton, sont ravageurs : ils détruisent la faune et la flore, chassent les autochtones de leurs territoires, peuvent provoquer des séismes et rejettent même du gaz à effet de serre… Ce sont aussi dans certains cas de potentielles armes de violence massive : les barrages sont faits pour retenir l'eau et peuvent donc permettre d'assécher ce qui est en contrebas avec les conséquences potentielles que l'on peut imaginer si la source d'eau coupée ou fortement réduite était significative pour les personnes "d'en bas" (avec la précision qu'il faut y percevoir seulement une description et nullement un jugement d'inférioté des personnes mais le "en bas" a toutefois la vertu de souligner une situation d'asymétrie de pouvoir qui peut s'avérer malheureusement bien réelle).

Congélateur et réfrigérateur, la production n'est pas indolore

La production de congélateurs et réfrigérateurs nécessite des métaux et de l'énergie, et il en est de même pour les infrastructures pour les alimenter énergétiquement. Aussi bien les métaux et l'énergie ne sont bien souvent pas abondants (hormis par exemple le fer, les rayons du Soleil et le vent). De plus, l'extraction et/ou la captation de ceux-ci peuvent être pollutants.

Ces appareils peuvent contenir du gaz qui peut être dangereux et contribuer au réchauffement climatique s'il venait à être libéré dans l'atmosphère ( or la plupart des systèmes de réfrigération fuient un peu et les fluides réfrigérants sont en général des halocarbures, qui sont des gaz à effet de serre extrêmement puissants d'après l'énergéticien français Jean-Marc Jancovi dans "Effectuer sa « BA » pour agir contre le changement climatique : quelques ordres de grandeur", publié sur son site web le 1er janvier 2000 et mis à jour le 1er juin 2012, qui pour en savoir plus sur ces gazs référence la partie "Les gaz « industriels » à effet de serre" d'un autre de ses autres articles de blog nommé "Quels sont les gaz à effet de serre ?", publié le 1er août 2007). Ces engins ne sont pas éternels, il faut donc à un moment les reycler (ce qui nécessite énergie et infrastructures) ou les laisser en vrac. Il y a aussi du transport (des métaux, des potentiels pièces intermédiaires, du congélateur et réfrigérateur final, et potentiellement pour le recyclage ou le dépôt en vrac), qui nécessite énergie non biologique et infrastructures (à moins que ce soit fait par un ou plusieurs animaux).

Congélateur et réfrigérateur, ça coûte

En société capitaliste, il est peu commun d'obtenir un objet industriel gratuitement individuellement. Même si on l'obtient gratuitement individuellement (par exemple si quelqu'un en a laissé qu'il n'utilise pas ou si un système social en fournit), ce n'est pas collectivement gratuit, puisqu'il a bien fallu le produire (et donc travailler à moins que tout soit fait par des robots). On a pu aussi le construire soi-même, mais il a fallu obtenir de quoi matériellement construire, potentiellement de l'énergie non biologique, et travailler soi-même.

Il y a le coût de production et d'obtention (qui ne sont pas nécessairement identiques, car il peut y avoir un ou plusieurs intermédiaires pour l'obtention comme un magasin et un système monétaire), mais pas uniquement. En effet, l'usage nécessite à minima de l'énergie. Il y a aussi potentiellement de l'entretien (comme le dégivrage) et de la réparation (qui peut ne pas être trivial au moins pour soi).

Si on ne fait pas les choses purement soi-même, le coût peut varier. Dans une société qui gérerait l'énergie d'une manière capitaliste, on peut par exemple imaginer que le prix de l'énergie augmenterait s'il y avait une descente énergétique (qui pourrait ne pas être suivie d'une monté énergétique équivalente ou supérieure), qui impacteraient d'une manière inégalitaire en fonction du niveau de richesse économique (avec la "définition" qu'elle aurait à ce moment là à un endroit donné, car il est vain d'en chercher une qui serait intrinsèque, comme l'a expliqué entre autres Frédéric Lordon dans "La Condition anarchique"). Dans une société qui aurait une gestion socialiste de l'énergie (avec "socialiste" dans un sens totalement différent avec lequel François Hollande fut élu en 2012 président de la France), il y aurait par exemple un plafond d'énergie pour chaque personne sur le territoire (ou ayant la nationalité dans une version que certains qualifieraient de xénophobe, mais il faut se rappeler que la ou les conditions d'attribution de la nationalité peuvent être très variables), et ce plafond énergétique pourrait être abaissé s'il y a descente énergétique (volontaire ou forcée), ce qui pousserait donc à réduire ou trancher dans les usages (et avant tout ceux des personnes consommant le plus). Dans une société avec l'énergie perçue comme un bien commun international (voire transnational si le concept de nation a réussi en pratique à être transcendé), une partie de l'énergie peut être donnée sans demande de contrepartie à ceux en ayant moins, ce qui permet de réduire les inégalités et les tensions qu'elles produisent, mais on pourrait aussi imaginer qu'un potentiel soit conservé pour pouvoir acceuillir sans risque de heurt énergétique pour les déjà-sur-place (dont une partie pourrait sombrer dans la xénophobie en vomissant par exemple sur les étrangers-voleurs et le poison gauchiste) et ainsi ne potentiellement pas aider des régimes politiques que l'on détesterait sans qu'il en soit de même des populations. Bien sûr d'autres coûts peuvent varier. En fait, il peut y avoir variation même si on fait "tout" soi-même, car les sources de matériaux et d'énergie peuvent devenir plus accessibles ou moins (y compris quand c'est biologique, puisque par exemple l'agriculture ou la cueillette peuvent fluctuer).

Ne pas utiliser de congélateur et réfrigérateur permet donc d'éliminer le coût collectif et au moins indirectement le coût individuel. Cette réduction de coût peut permettre de dépenser plus pour une ou plusieurs autres choses. On peut par exemple en profiter pour consommer plus "biologique", à régime alimentaire "équivalent" (qui n'est plus tout à fait équivalent si on consomme plus des produits faits avec moins ou plus du tout de pesticide, mais il ne faut pas réduire à cela l'agriculture "biologique" et encore moins celle permaculturelle) et à usage identique (si l'on veut) dans les autres domaines (nettoyants, cosmétiques, etc). Réduire les coûts peut aussi servir à d'autres buts, comme être plus résistant au licenciement en régime capitaliste (car on dépend moins de son salaire et on peut mettre plus de côté si on dépense moins) et donc avoir moins peur (voire plus du tout) de lutter syndicalement (entre autres).

Congélateur et réfrigérateur, ça prend de la place

Congélateur et réfrigérateur ne sont pas de simples meubles. En effet, il y a besoin notamment d'un système de refroidissement (comme des tuyaux et du gaz) et d'un fournisseur d'énergie pour celui-ci. Il peut avoir d'autres choses qu'il n'y aurait pas dans un simple meuble, comme une lumière. un bouton de réglage, voire de l'électronique. En conséquence, congélateur et réfrigérateur prennent plus de place qu'un simple meuble à capacité identique.

De plus, à cause de l'humidité, cela restreint l'usage à la nourriture (ou presque), à moins qu'il ne soit pas allumé (mais dans ce cas pourquoi utiliser un rangement pouvant refroidir son contenu ?). En comparaison, de simples placards sont adaptés pour beaucoup d'autres choses : vêtements, papier, outils, électronique, etc.

Congélateur et réfrigérateur, ça peut tomber en rade

Congélateur et réfrigérateur peuvent s'arrêter de fonctionner, par problème interne ou manque d'énergie. Étant donné le but prévu d'usage de ce genre d'engin, les gens y mettent usuellement des choses qui ont besoin d'être plus au froid que dans l'environnement extérieur. Le cas d'usage typique est la nourriture (en particulier les bouts de cadavre qui sont souvent nommés d'une manière aseptisante sous les termes de "viande" et "poisson"). Si le problème de refroidissement est trop long, le contenu (ou une partie de celui-ci) peut avoir été fortement altéré, potentiellement jusqu'à devenir inutilisable pour l'usage primitivement souhaité (car on peut par exemple acheter de la nourriture pour la manger mais finalement s'en servir pour du compost si on a peur de tomber malade en l'ingurgitant).

On trouve généralement gênant de perdre (ou constater significativement modifié) quelque chose que l'on avait soigneusement rangé. Il suffit d'un problème difficilement anticipable (du moins dans un "monde" stable) pour que cela arrive avec congélateur et réfrigérateur. Sans ce genre d'engin, il n'y a pas de risque, et on peut donc avoir l'esprit plus tranquille. Cela peut nécessiter d'un peu mieux prévoir, mais c'est une tâche que presque tout le monde peut accomplir sans formation particulière.

Comment vivre sans congélateur et sans réfrigérateur ?

Aliments issus de l'exploitation des animaux non-humains

Les bouts de cadavres d'animaux se conservent mals sans un système pour ralentir la putréfaction. Les produits laitiers ont aussi tendance à vite se dégrader. Réfrigérateur et congélateur sont particulièrement utiles dans le but de les conserver sains pour se nourrir, ainsi que les emballages en plastique (qui est un dérivé du pétrole), toutefois on peut envisager d'autres systèmes. Par exemple, on peut plonger les bouts de cadavre dans du sel, ce qui est simple et peu coûteux.

Le plus simple reste néanmoins de peu (ou pas) en consommer. Cela a aussi l'avantage d'être généralement favorable au porte-monnaie (qui ne nécessite pas un complexe système énergético-électro-informatique et est respectueux de la vie privée contrairement aux cartes bancaires électroniques, qui en plus rendent dépendants des banques et contribuent donc à les rendre dangeureuses, quand ce n'est une crypto-monnaie qui a besoin d'électricité et fait nécessairement dépendre d'une caste de techno-élites pour du matériel et des algorithmes voués à rester obscurs pour un nombre conséquent de personnes car même les principes du logiciel libre ne sont pas suffisants). Si on veut en manger, on peut par exemple en manger aux restaurants (donc vraisemblablement exceptionnellement). On peut aussi en acheter pour son foyer dans une quantité jugé uniquement suffisante à un repas. À titre d'information, il y a l'adjectif "flexitarien·e" pour qualifier les personnes qui ont réduit leur consommation alimentaire de chaires d'autrui, ce que l'on peut (au passage) trouver être une appellation à rejeter car extrêmenet vague d'un certain point de vue (puisque par exemple Tiphaine mangeait 10 kilogrammes par semaine d'animaux et que la voila flexitarienne en étant passé à 5, tandis que Justine était à 4 kg/semaine non flexitarienne et que sa réduction à 2 fait d'elle une flexitarienne).

Plutôt que d'avoir une consommation basse, on peut ne plus du tout en ingérer. C'est viable pour la santé à tous les ages de la vie (y compris nourrissons et seniors) et pour les personnes sportives. Sur DécouvrezLesAliments (un site web fait par "Les diététistes du Canada"), on peut lire que N'importe qui peut suivre un régime végétalien, des enfants aux adultes âgés en passant par les adolescents. Il est même sain pour les femmes enceintes et les mères qui allaitent. dans l'article "Ce que vous devez savoir au sujet des régimes végétaliens" (mis à jour le 1er juin 2015). De même, "Les diététistes du Canada" affirmait en 2014 dans "Lignes directrices sur l'alimentation saine pour le végétaliens" : un régime végétalien sain peut combler tous vos besoins en éléments nutritifs à n'importe quelle étape de la vie, y compris chez les femmes enceintes ou qui allaitent et chez les adultes âgés . Sur la paqe "The vegan diet" de la partie "Eat well" de son site web, la NHS (National Health Service) du Royaume-Uni énonce le propos suivant : With good planning and an understanding of what makes up a healthy, balanced vegan diet, you can get all the nutrients your body needs. En 2005, la British Nutrition Foundation a publié "Vegetarian nutrition" dans les pages 132 à 167 du numéro 30 de son Nutrition Bulletin, on peut y lire dans le résumé que A well-planned, balanced vegetarian or vegan diet can be nutritionally adequate et dans la conclusion que In terms of nutrition, vegan and vegetarian diets can be nutritionally adequate . En Australie, la NHMRC (National Health and Medical Research Council) a indiqué en 2013 ce qui suit (en anglais) dans son Australian Dietary Guidelines : Appropriately planned vegetarian diets, including total vegetarian or vegan diets, are healthy and nutritionally adequate. Well-planned vegetarian diets are appropriate for individuals during all stages of the lifecycle. "Position of the Academy of Nutrition and Dietetics: Vegetarian Diets" (publié en décembre 2016) contient ce qui suit dans son "Abstract" : It is the position of the Academy of Nutrition and Dietetics that appropriately planned vegetarian, including vegan, diets are healthful, nutritionally adequate, and may provide health benefits for the prevention and treatment of certain diseases. These diets are appropriate for all stages of the life cycle, including pregnancy, lactation, infancy, childhood, adolescence, older adulthood, and for athletes. Plant-based diets are more environmentally sustainable than diets rich in animal products because they use fewer natural resources and are associated with much less environmental damage. Pour avoir encore plus de sources, on peut aller sur le site web vegan-pratique.fr, qui a entre autres une page nommée "Positions médicales et scientifiques".

De plus, il y a la problématique de l'exploitation des animaux non-humains. Elle est par exemple traitée dans le livre "Petit traité de véganisme" (qui est la traduction de "Eat Like You Care: An Examination of the Morality of Eating Animals" écrit par Gary Francione et Anna Charlton). On peut bien sûr se tourner vers d'autres livres et personnes autrices. Parmi les autres moyens de s'informer, il y a par exemple des associations à but non lucratif (comme L269 Libération Animale, l'Association Végétarienne de France et L214).

Les personnes qui refusent de manger le cadavre d'autres êtres sensibles (car ayant un système nerveux et pouvant donc souffrir) sont des personnes végétariennes (ou ovo-lacto-végétariennes si on veut être plus précis). Il ne faut pas confondre avec les personnes pesco-végétariennes qui se limite aux animaux terrestes et volants et s'autorise donc le poisson, ainsi qu'avec les personnes saugrenues qui se disent végétariennes et mangent pourtant de la volaille (poulet, canard, etc).

On peut aussi refuser tout produit animal dans son alimentation (à part nécessité de survie) : viande, poisson, produits laitiers, œuf, miel, etc. Si on se cantonne à l'alimentation, le refus des produits animaux est nommé végétalisme. Si on adopte ce type de régime alimentaire, il faut savoir qu'il y a un nutriment essentiel à la survie chez l'humain qui n'est à priori pas disponible biologiquement et actif chez lui : la vitamine B12 (que des micro-organismes produisent sans problème en laboratoire). Si le refus de l'exploitation des animaux est global (alimentation, vêtements, cosmétiques, vivisection, mobilier, transport, loisirs, esclavage pour avoir une compagnie, etc), alors c'est le véganisme.

Bien sûr, les végétaux ne se conservent pas non plus éternellement. Cependant ils se conservent bien souvent plus longtemps (et ne nécessite pas d'exploiter autrui). De ce fait, on peut prévoir générallement plus facilement dans quel ordre les manger avant péremption et les emballages sont moins utiles dans bien des cas (que pour les aliments issus plus ou moins directement des animaux).

Aliments secs

Les aliments secs n'ont pas besoin d'être réfrigérés. De par cette propriété, ils peuvent être conservés dans un sac, qui peut potentiellement être mis dans un simple placard. Un avantage de la forme sec est la place, il en faut moins avec le même aliment s'il est sec plutôt qu'hydraté. Puisque les aliments secs se conservent très longtemps, vous pouvez en profitez pour acheter de gros volumes (ce qui peut coûter financièrement moins cher) et faire peu souvent les courses pour ce genre de marchandises (à moins que vous ne les produisiez vous-même ou collectivement, par exemple dans le cadre du mouvement des villes en transition écologique dont une introduction est donnée par le livre "Manuel de Transition" de Rob Hopkins ou mieux d'un éco-village s'organisant possiblement sous la forme du municipalisme libertaire promue notamment par Murray Bookchin et/ou de l'anarcho-syndicalisme qui a été expérimenté dans l'organisation des campagnes en Espagne au 20ème siècle via la Confederación Nacional del Trabajo). De plus, il peut être aisé de les trouver sans emballage, car vous avez peut-être aussi envie d'être dans une démarche zéro-déchet (ou au moins de vous en rapprocher).

Si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas utiliser ni congélateur ni réfrigérateur, parmi vos ami·e·s vous pouvez compter céréales, légumineuses et oléagineux. Les céréales les plus connus sont le blé et le riz, mais on peut en citer d'autres : maïs, épeautre, seigle, avoine, millet, fonio blanc, etc. Lentilles, soja, pois chiche, fèves, haricots blancs et rouges sont des exemples de légumineuses. Pour ce qui est des oléagineux, il y a noix, noisettes, amandes, lin, chia, pavot, pistaches, etc.

Aliments frais

Les fruits et les légumes se conservent très bien (mais pas pour autant pendant une durée illimitée) sans le moindre congélateur et réfrigérateur, tout en pouvant se transporter sans aucun emballage. Dans une perspective de sobriété énergétique et/ou financière, vous devriez veiller à en manger qui soit de la saison. De plus, ils se combinent très bien au crudivorisme (c'est-à-dire manger cru) qui par définition implique qu'il n'y ait pas de cuisson et donc pas d'utilisation d'énergie nécessaire à celle-ci (ainsi qu'à la production, l'acheminement et le maintien d'un outil pouvant servir à chauffer des aliments).

Transformer son alimentation soi-même ou localement

Certains produits transformés nécessitent un moyen de réfrigération pour se conserver un tant soi peu, alors que ce n'était pas le cas avant transformation. Pour ces produits transformés, vous pouvez arrêter de les consommer dans votre foyer ou les transformer localement (par vous-même ou à plusieurs). Par exemple, certains jus de fruits et smoothies doivent être mis dans un réfrigérateur (voire un congélateur si on veut les conserver longtemps), sans pour autant que ce soit toujours nécessaire si la consommation est suffisament rapide, alors qu'il n'est pas incroyablement compliqué d'en produire localement avec des fruits et un ou des moyens de production simples. Il en est de même pour les soupes.

Produire son alimentation soi-même ou localement

Les aliments se décomposent avec le temps, jusqu'à une forme non saine pour l'ingération humaine, d'où les réfrigérateurs et congélateurs (quand toutefois il y a le combo matière + énergie + technique + capacité financière + acceptation idéologique au sein de la zone). Une partie du temps peut être due au transport. Plus c'est produit près du lieu de consommation, moins le transport est un facteur de dégradation des aliments (à cause du temps mais aussi des conditions de transport). Il est donc préférable de consommer localement certains produits que l'on peut produire localement d'une manière écologique et qui pourrait être fortement dégradé par le transport (comme les fraises et les framboises au contraire par exemple des bananes).

Le mieux est de produire localement sa nourriture (individuellement ou collectivement). Cela permet de ceuillir uniquement quand on veut consommer, ce qui permet une conservation maximale, à condition toutefois qu'il n'y ait pas de ravageurs ou qu'ils soient régulés (par exemple via des prédateurs comme des canards pour les limaces comme le propose Bill Mollison). Pour avoir une vision hollistique d'un jardin ou d'une micro-ferme et faire de l'agriculture bio-intensive, on peut se tourner vers la permaculture (dont se revendique par exemple Charles et Perrine Hervé-Gruyer qui ont fait la ferme du Bec-Hellouin en Normandie en France). Si on voulait produire des légumes en hiver, on pourrait se tourner vers Eliot Coleman, car en effet il a écrit un livre intitulé "Des légumes en hiver" (publié en 2013 chez Actes Sud). Mais on préférait peut-être tout d'abord s'intéresser au devenir potentiel de l'agriculture et des sociétés industrielles en cas de descente énergétique rapide, ce qui pourrait amener à se tourner vers (entre autres) Pablo Servigne, et en particulier sur "Nourrir l'Europe en temps de crise (publié en 2017 chez Actes Sud, après une première édition en 2014 aux éditions Nature & Progrès Belgique, une version actualisée et augmentée d'un rapport public de 2013 commandé par le groupe Les Verts/ALE au parlement européen).

Pour que les végétaux poussent, il faut de la bonne terre. Un moyen d'en avoir est le compost. Dans la mesure du possible, on peut avoir des toilettes sèches, qui même si on ne comptait pas le compost, serait écologiquement souhaitable par rapport aux "toilettes mouillées" (et là sans prendre les toilettes high-tech du Japon à multiples commandes et jets). À ce sujet, il existe de nombreux textes, on peut par exemple citer le livre "La pratique du compost et des toilettes sèches" (écrit par Éric Sabot et publié en 2013 par La Maison Autonome, mais originellement paru en 2005 avec une réédition en 2008).

Effets secondaires

Systèmes de réfrigération et emballages

Les fruits et les légumes dépérissent généralement relativement lentement, on peut donc souvent se permettre de ne pas les emballer. En revanche, ce n'est pas le cas d'autres aliments, comme les bouts de cadavre à l'état "pur" et les yaourts (qu'ils soient animaux et/ou végétaux). Pour ceux-ci, il faut les consommer rapidement après production ou trouver un moyen de les conserver, par exemple via des emballages. C'est particulièrement le cas si on utilise un système de réfrigératiom, puisqu'une dégradation trop forte d'un aliment pourrait rendre insalubre le système et donc tous les autres aliments qu'il contient, tout en nécessitant un nettoyage et une mise à l'air pour rendre le système sain de nouveau.

Il y a des emballages que l'on peut utiliser de nombreuses fois. Pour ceux-ci, il faut les utiliser autant que possible d'un point de vue écologique. Cela peut être moins pratique individuellement de les amener au besoin (et potentiellement les nettoyer, voire les réparer) qu'en prendre systématiquement puis les jeter après le premier usage. Si on voulait politiquement les encourager dans le cadre d'une économie monétaire, il "suffirait" de faire payer chaque emballage pour une somme non dérisoire, ce qui favoriserait le non-emballement et la consigne.

Certains emballages ont été pensés pour n'être utilisés qu'une seule fois. Cela permet par exemple d'inscrire dessus une date de péremption prévue. Pour que le produit alimentaire soit visible sans ouvrir l'emballage et bien conservé, le platisque est bien pratique, mais c'est un dérivé du pétrole et il se bio-dégrade extrêment lentement. Ce n'est pas pour rien qu'il est abondamment utilisé (du moins dans le début du 21ème siècle) pour les produits destinés à être placé dans un réfrigérateur. Ainsi ne pas utiliser de système de réfrigération, ou avec la taille la plus petite possible, peut sans nécessairement le faire exprès pousser à acheter pas ou peu d'emballages, en particulier ceux prévus pour un unique usage et en plastique.

Réduire autant que possible les emballages, voir les éliminer, est une bonne chose écologiquement. Il est vrai que cela peut demander plus de travail sur le court-terme et indivuellement. En effet, réutiliser les emballages et/ou (co-)produire ce que l'on consomme ne se fait pas tout seul. Cependant on peut le faire à son rythme et à moindre frais pour l'avenir de l'humanité. C'est substanciellement différent de la production et du tri d'emballages, en particulier dans un système autoritaire (qui peut par exemple être légitimé par certaines personnes sous le prétexe de la propriété privée et lucrative des moyens de production et des capacités d'investissement qui ne seraient pas co-détenus par tous et toutes, car par exemple certains auraient plus de mérite, d'intelligence, de savoirs, de talent, de force, et/ou parce que l'héritage patrimoniale serait justifié). D'un point de vue social et économique de court-terme, les conditions de travail peuvent avoir un impact, par exemple sur la santé et donc sur un potentiel système de mutualisation pour subvenir à ce besoin social. Il ne faut pas non plus oublier que la gestion des emballages-déchets n'est pas nul économiquement, bien qu'il puisse être absorbé par un système socialiste qui dissimule son prix et fait peser le coût sur la collectivité plutôt qu'exclusivement sur les personnes (physiques et/ou morales) productrices et/ou consommatrices. Au passage, avant d'avoir une position politique sur cette base, il peut être pertinent de d'abord avoir un minimum de perspective historique (comme le propose par exemple succintement l'article "Eh bien recyclez maintenant !" de Grégoire Chamayou en page 3 du numéro de février 2019 du journal Le Monde diplomatique). De plus, il faut prendre en compte l'effet à long terme des emballages, puisqu'aucun stock matériel n'est illimité et qu'aucun système réel ne peut résister à une infinité de pollution.