Mettons fin aux services audio-visuelles privateurs et/ou centralisés

Définitions

logiciel libre
logiciel que l'on peut utiliser pour tous les usages, étudier le fonctionnement, modifier et partager que ce soit une version originale ou modifiée sous forme de code source ou un code plus proche de la machine
logiciel privateur
un logiciel qui ne remplit pas au moins une des conditions pour être dit libre
logiciel propriétaire
synonyme de logiciel privateur
service audio-visuelle
service fournissant des contenus audios et/ou vidéos
service centralisée
service fournit d'un seul endroit et/ou par une seule entité

Exemples de services audio-visuelles privateurs et/ou centralisés

Des problèmes des services audio-visuelles privateurs et/ou centralisés

Les problèmes décrits ne touchent pas tous les services audio-visuelles privateurs et/ou centralisés.

Les logiciels privateurs

Certains services utilisent, partagent ou encouragent l'utilisation d'un ou plusieurs logiciels privateurs. Les logiciels privateurs, aussi appellés logiciels propriétaires, ne respectent la liberté de leurs utilisateurs. En effet, ce sont des outils dont l'utilisation, le fonctionnement, la modification et/ou le partage est restreint. La ou les restructions sont légales et/ou techniques. Les logiciels privateurs sont des instruments de pouvoir pour ceux et celles qui les contrôlent. Hors, avoir la possibilité de contrôler les outils de tiers est injuste.

Pour avoir le contrôle de son informatique et avoir le droit de partager vos outils avec vos communautés, le logiciel libre est une condition nécessaire. Cependant, utiliser le logiciel libre sur vos machines ne suffit pas. Il faut également que votre informatique ne se fasse pas sur des ordinateurs sur lesquels vous n'avez pas de contrôle. Sinon, ce sont les possesseurs des ordinateurs tiers qui contrôlent une partie de votre informatique, que les logiciels dessus soient libres ou pas n'y change rien. Cela est appellé le « service se substituant au logiciel », ou SaaSS.

La centralisation

La centralisation est une accumulation de pouvoir par quelqu'un ou quelques uns. Elle facilite un certain nombre de choses, comme l'atteinte à la vie privée, la censure et la position dominante (qui peut par exemple faciliter le passage en force de nouvelles conditions). Benjamin Bayart a expliqué le problème en détail dans des conférences, comme celle nommée Internet libre ou Minitel 2.0 ?.

Les tris

Certains services audio-visuelles trient les contenus. Si les méthodes de tri et les données nécessaires au tri sont publics, trier n'est pas un problème. Mais si ce n'est pas le cas, le contrôleur du service a un pouvoir non transparent sur la vision du monde des utilisateurs de son service.

Un tri courant est de mettre en avant les contenus les plus populaires. On peut penser que c'est bien, en effet les contenus les plus populaires sont à priori les plus susceptibles de plaire. Néanmoins, cela crée un cercle vicieux, car en en promouvant les contenus les plus populaires cela contribue à leur plus forte popularité que les autres. De plus, cette forme de tri fait peser sur les individus l'influence sociale ("si beaucoup d'autres ont pensé que c'est bien cela l'est probablement", "si beaucoup d'autres l'ont lu/écouté/vu, il ne faut pas que je sois le seul qui n'en est pas eu connaissance", etc.), ce qui contribue au conformisme. Cette forme de tri est donc favorable à un conformisme culturel et agit contre la diversité. Proposer ce tri n'est pas un mauvais en soit, mais il est problématique que ce soit celui par défaut.

Certains services font du tri personalisé selon l'individu. Cela nécessite de le connaitre, le système a donc besoin de données personnelles. Pour plus d'efficacité, certains systèmes croisent les données avec celles d'autres utilisateurs. Cela contribue à enfermer l'individu dans la vision du monde qu'il a déjà. Eli Pariser appelle cela des bulles de filtres. Ce même problème est aussi qualifié d'enfermement algorithmique. Mais le but recherché est différent, conforter l'individu dans sa vision du monde est un effet indirect. En effet, l'objectif est de rendre heureux l'utilisateur pour qu'il continue de payer, donner du temps de cerveau disponible pour des publicités et/ou fournir des données personnelles.

Le tri peut aussi permettre de tenter de comprendre comment les individus fonctionnent. En effet, un service peut trier d'une manière arbitraire, puis étudier les comportements en fonction du tri appliqué. Ainsi, un service peut se servir de ses "utilisateurs" comme des cobayes. Néanmoins, trier dans ce but est mauvais uniquement si c'est fait par défaut ou sans possibilité de désactivaton après activation volontaire sans pression.

On pourrait penser que les tris faits par des ordinateurs sont neutres. En effet, les ordinateurs sont des machines bêtes qui se contentent de faire des calculs sans émotion ou biais idéologique. Mais comme cela a été écrit, les tris influencent notre manière de voir le monde. De plus, les méthodes de tri sont faites par des humains, or les humains ne sont pas neutres, mais c'est eux qui font les algorithmes, il est donc possible inconsciemment qu'ils introduisent leur mode de pensé dans un algorithme. Il existe des algorithmes de tri qui ne savent pas directement trier, il faut qu'ils passent par une période d'apprentissage, ces algorithmes sont neutres, mais les données qui lui ont été données pour qu'il apprenne ne sont pas neutres, or elles vont servir à déterminer son comportement.

La publicité lucrative

Un service peut proposer de la publicité. Ce n'est pas un problème, on peut aimer la publicité proposée, cela regarde ceux et celles qui y sont exposés. Néanmoins, il y a de nombreuses raisons pour ne pas aimer la publicité lucrative. De plus, ce n'est pas ce que l'on attend d'un service audio-visuelle. Donc si un service audio-visuelle propose de la publicité lucrative, elle ne doit donc pas être activée par défaut (principe d'"opt-in") et il est bien entendu encore plus embêtant de l'imposer.

Certaines personnes sont favorables à la publicité lucrative "opt-out" et/ou imposée parce qu'il faudrait financer la création. De nombreux exemples montrent que l'on peut créer sans financement, il n'est donc pas nécessaire. Dans certains cas, le financement peut aider, mais il peut aussi être nuisible. Dans les cas supposés positifs du financement (à chacun d'exercer son jugement en fonction des cas), il ne faut pas oublier que la publicité est un moyen parmi d'autres (don, abonnement, vente de produits dérivés, etc.). De plus, le financement par la publicité incite à faire du contenu qui va maximiser le gain de la publicité (nombre de vues, nombre de clics, pourcentage sur un achat suite à une publicité, ou autre chose, en fonction du publicitaire), hors cela ne mène pas nécessairement à des créations intéressantes et de qualité. Il y a également une dépendance au(x) publicitaire(s), ce qui peut mener à la censure (y compris l'auto-censure).

Certaines technologies permettent de demander l'exécution d'instructions à un ordinateur. Ces technologies peuvent être utilisées par un publicitaire. Il faut noter que certains logiciels acceptent d'exécuter tout et n'importe quoi par défaut. Les instructions peuvent être malveillantes et potentiellement essayer d'exploiter une ou des failles de sécurité. Les publicitaires utilisent ce genre de technologies généralement uniquement pour maximiser leurs gains (par exemple en vous profilant ou utilisant votre bande passante pour des choses que vous ne voulez pas forcément comme des vidéos ou sons qui sont démarrés à votre insu). Mais, les réseaux publicitaires peuvent être contaminés pour diffuser des logiciels encore plus malveillants que certains des leurs (même si c'est un des plus gros réseaux de bourrage de crâne lucratif).

Les services via Internet ont potentiellement une capacité que les services à large diffusion d'avant n'avaient pas : ils peuvent récupérer des données personnelles. Les publicités sur Internet sont donc parfois nuisibles à la vie privée. Les données collectées peuvent servir pour la personnalisation des publicités, mais rien n'empêche qu'elles servent aussi pour d'autres choses. Cette personnalisation ou ciblage est parfois fait sans le consentement explicite et clair (comprendre pas noyé dans des conditions d'utilisation longues et/ou incompréhensibles). Pour faire un ciblage efficace, avoir beaucoup de données aident, les plus gros sont donc souvent de très bons chasseurs, ce qui incite à se tourner vers eux pour diffuser, ainsi ils peuvent collecter encore plus de données, c'est un cercle vertueux pour les plus gros mais nocifs par beaucoup d'aspects (comme la vie privée, la centralisation et l'émergence