L'Italie et l'énergie : un cas d'école de la pratique capitaliste "pure" de la valeur économique

Jean-Marc Jancovici, un ingénieur énergéticien français, a fait une analyse intéressante de la dépendance de l'économie capitaliste au travail mort des machines (et donc l'énergie non biologique qu'elles nécessitent) avec le cas de l'Italie. Il l'a publié le 8 octobre 2018 sous la forme d'un billet de blog (sur jancovici.com) ayant pour titre "L'Italie et l'énergie : un cas d'école".

Il considère implicitement que la pratique dominante de la valeur économique est la seule possible. Par cela il en conclut (abusivement selon moi) que l'économie tout court est lié très fortement à l'énergie et qu'une dépression énergétique mènerait donc mener à la décroissance économique. Or la notion de valeur économique est une construction sociale (d'où le fait de parler de convention sociale de la valeur), et on peut donc en changer puisqu'elle n'est nullement substantielle (à ce sujet on peut lire par exemple le livre "La condition anarchique - Affects et institutions de la valeur" du spinoziste Frédéric Lordon publié en 2018 aux éditions du Seuil). D'ailleurs il y a le sociologue et économiste Bernard Friot qui propose de changer de pratique de la valeur économique (par exemple dans son livre "Émanciper le travail, entretiens avec Patrick Zech" paru en 2014 aux éditions La Dispute). Le capitalisme tend à réduire le travail vivant (c'est-à-dire biologique) par du travail mort (c'est-à-dire celui des machines), ce qui économiquement se traduit (dans le vocabulaire proposé par Karl Marx) par la réduction relative du capital variable et l'augmentation relative du capital constant. Même dans le capitalisme, cela ne me parait pas inéluctable. Cependant, cela suppose une force qui arrive à contrer cette tendance structurelle et à se conserver, ce qui s'annonce très dur et peu probable de tenir sur le long terme, et donc paradoxalement changer radicalement de système économique pourrait être plus facile si on considère le long terme.